Weekly Awesome

Shuffle Up and Deal

Posté en Chapter 3 par weeklyawesome à avril 1, 2009

aces

World series of poker, World Poker Tour, entre potes ou dans un cercle, vous n’êtes certainement plus étrangers à ce phénomène qui touche de plus en plus de monde, parce que c’est awesome (bon, je vais peut-être arrêter d’utiliser ce mot pour quelques temps). Sachez que le Poker est probablement la meilleure école de la life. Mieux que cela, joueur de poker professionnel est la profession la plus accessible qui soit. Pour y jouer, vous n’avez pas besoin de diplôme, ni d’avoir un CV épais, ou encore de passer un entretient ou un casting, vous n’avez pas non plus besoin de correspondre physiquement ou moralement à quelque modèle que ce soit et on ne vous demande pas si vous avez “un minimum d’expérience en la matière”… Tout ce dont vous avez besoin c’est un jeton et une chaise. Jouer au poker nous apprend beaucoup sur les autres, mais aussi sur nous même : nos capacités, nos émotions, nos limites, notre personnalité et notre intelligence. Nul besoin de rappeler que connaître tout cela nous permet d’être plus performants dans la life. Nous n’allons pas, ici, expliquer les règles du No Limit Texas Hold’em, la “Cadillac du Poker”, mais nous passerons rapidement en revue quelques aspects de ce jeu qui permettent de mieux appréhender la life, dans l’unique objectif qui est bien évidemment : Awesomeness.

Poker face

Tout d’abord, vous ne pouvez pas jouer au poker sans avoir le Poker Face, tout comme vous ne pouvez pas surfer sur les vagues de la life sans avoir le Mask. Ici, la notion de “Mask” prend tout son sens : lorsque vous “misez” ou lorsque vous “relancer”, vous ne pouvez pas rigoler ou grimacer, au risque de faire apparaître vos émotions, intentions, et vos pensées. De même, vous ne pouvez sortir, aller en boite et draguer en ayant l’air d’un plook ou d’un abruti complètement transparent qui a l’air d’être plus intéressé qu’intéressant. Rester impassible au poker est l’une des clés du jeu, cela permet d’être crédible quoi que l’on fasse et de préserver nos chances de réussite.

Voir la notion du Mask.

Maintenant, avoir le Mask ne permet cependant pas de bien jouer… Le reste, c’est dans la tête :

Tight

Une des manières de jouer les plus déconseillées  c’est de jouer “tight”, ou “jouer serré” (verrouillé). En effet, de cette façon, le peu de move que l’on entreprend est sujet à méfiance, sans oublier qu’il sera excessivement prévisible. Prenons un exemple. En géographie, nous savons que la Corée du Nord est l’un des derniers pays extrêmement fermés au monde avec un système obsolète de communisme persistant. Le gouvernement ultra centralisé a tendance à être méfiant, voire parano. Son fameux leader, bien qu’ayant beaucoup de recul, ne semble pas souvent adopter les bonnes méthodes ni prendre les bonnes décisions. Ce genre de comportement suscite de l’hostilité dans le monde, et aussi beaucoup de méfiance. Ainsi, chaque opération connue et menée par ce gouvernement  est soumise à des réunions internationales qui décident, dans la plupart des cas, des mesures répressives à l’encontre du pays. Dernier exemple en date : le projet de lancement de la fusée Nord Coréenne, soit disant à des fins “pacifiques et simplement techniques”, est forcément perçu comme une menace pour les japonais, les américains et leurs alliés (en même temps on ne peut pas affirmer être pacifique lorsque l’on menace de déclarer la guerre à tout le monde en cas d’interception de la fusée).  Au final, jouer tight en vaut rarement le coup. Plus vous jouez tight, et plus vite vous perdrez vos jetons au poker. Lincoln disait que “si vous voulez tester un homme, donnez lui du pouvoir” , or les jetons et la crédibilité représentent la majeur partie du pouvoir qu’un joueur de poker possède.

Steaming

A l’inverse, il ne faut pas être trop impulsif non plus. Il s’agit ici de la source de presque toutes les mauvaises idées, décisions, opérations et les mauvais calculs du jeu. Le fait d’être impulsif rend les gens stupides et simplistes, c’est la source de toutes les idées reçus de tous les bolos de la terre (oui, il y a polémique quant à l’orthographe de “bolos”) et de tous les regrets causés par des actions et conclusions hâtives qui sont faites par ceux qui n’ont aucun contrôle sur leurs émotions au moment où il en faut. Prenez par exemple notre président. Le président Sarkozy est nul doute l’homme le plus agité que l’on voit à la télé. En temps de crise, il semble que les évènements dictent ces décisions alors que cela devrait être l’inverse. Pourtant, ce ne sont pas ses décisions qui sont remis en question, mais plutôt ses méthodes du type : vite supprimer la pub et augmenter la redevance ; projeter de supprimer le juge d’instruction lorsque le système judiciaire ne lui convient pas, ou encore menacer de quitter le G20 si des décisions concrètes sur la régulation financière au niveau international ne sont pas prises (au moment où sa côte de popularité est au plus bas). On n’abat pas une mouche avec un marteau ! Lorsque vous paniquez et commencez à faire de la merde, on dit au poker que vous êtes “on tilt”, une erreur à éviter dans la life comme en politique (oui, on peut aussi  voir la politique comme un jeu stylé). Obama disait devant le Congrès “we cannot afford to govern out of anger, or yield to the politics of the moment“.

En parlant d’Obama :

All in!

Dans une fusillade, lorsqu’il ne vous reste plus qu’une balle, soit elle est pour votre ennemi soit elle est pour vous. “Faire Tapis” est le move le plus populaire du No Limit mais c’est aussi le plus périlleux, il faut savoir quand faire ce move et surtout comment. Le tout ou rien ne se décide pas en 2 secondes, et dans la vie, la situation où cela est nécessaire se présente rarement mais il faut savoir la reconnaître. Le plan de relance de l’administration Obama, par exemple, est le plus spectaculaire, mais aussi le plus périlleux. Les débats entre sénateurs américains se portent essentiellement sur la nécessité de faire autant de dépenses pour l’énergie, la couverture sociale et l’éducation et donc augmenter terriblement le déficit public, lorsque la priorité plutôt devrait être attribuée à Wall Street et ses banques. Le budget de 3 500 milliards de dollars se projetant sur plusieurs années pour stimuler l’économie vise à nettoyer les banques de leurs actifs toxiques, à faire des compromis pour débloquer les crédits, à stimuler la demande sur le court terme par la baisse d’impôt pour 95% des travailleurs et l’augmentation du revenue de la classe moyenne, à octroyer un crédit d’impôt de 8000 dollars pour que les familles puissent financer leurs dettes à un taux réduit, en injectant des capitaux dans les institutions financières(grâce à une combinaison contribuable/Reserve Fédérale/Investisseurs privés) et, depuis peu, les géants de l’automobile ; à créer des emplois par des investissements publics dans l’infrastructure, les énergies renouvelables, l’éducation et l’innovation, etc… Tout cela c’est du All in ! Car, à terme, cela se révèlera être soit un coup de génie, soit un suicide politique.

The only difference between insanity and genius is measured only by success“.

Call

Le poker est un jeu d’analyse : il s’agit, après avoir contrôlé ses émotions, d’avoir la meilleure vision possible du jeu… Comme Zidane ! La capacité d’un joueur de reconnaître un bluff et donc de “payer” avec “hauteur Roi” ou sa capacité à jeter sa paire d’As quand il voit que l’autre a mieux, c’est aussi ça qui fait le spectacle au poker. De même, il faut donc savoir reconnaître la source de nos problèmes et de prendre les meilleurs décisions. Par exemple, au foot, lorsqu’une équipe enchaine les saisons médiocre (comme le Barça avant l’arrivé de Ronaldinho) on commence à mettre la pression sur ses dirigeants. Ceux là vont immédiatement utiliser la solution classique de limoger l’entraineur, chose qui ne sert pas toujours à grand-chose car n’étant pas nécessairement la source du problème… Prendre des décisions aussi forcées, c’est faire un mauvais “call”. Au poker, il ne s’agit pas de gagner ou de perdre, mais de prendre la bonne décision afin de minimiser le facteur chance.

Evidemment, deviner les cartes de l’adversaire serait plutôt pratique, mais c’est impossible… Non je plaisante ! C’est absolument faisable, et Daniel Negreanu (avec la casquette noire) en est le maître en la matière. Ici, étant concentré et détendu, il arrive à lire parfaitement le jeu et à deviner les cartes de ses adversaires à 4 reprises, lui permettant bien sûr de prendre la bonne décision à chaque fois, aux moments où beaucoup se casseraient la figure.

Ainsi donc, jouer au poker nous permet de comprendre pas mal de choses sur nous et ce qui nous arrive. La life est comme une énorme partie de poker, un cash game grandeur nature. Certains ont eu la chance d’avoir As/Roi dans les mains, et d’autres la malchance de tomber sur 7/2 dépareillés, ceux là doivent bluffer avec leurs cartes. C’est leur seule chance. Car lorsque vous êtes désavantagé et écrasé durant toute la partie, il n’y a qu’une seule chose pour vous sortir du trou et vous aider à atteindre des sommets : Awesomeness.

Doyle Brunson, la légende vivante du Poker, a dit :

We lock just the door; you gotta come in through the wind… That’s when the skill comes in” .

La seule différence avec la life, c’est que dans celle-ci, il n’y a qu’une seule distribution de cartes : si on est pas un B-F, si l’on n’est pas aussi bien placé que les autres pour réussir, alors il faut en faire un peu plus. Il faut bien jouer jusqu’au bout, réussir son bluff et espérer ne pas subir un coup de mal chance à la fin… le Bad Beat !

Le gagnant de cette immense partie est celui qui s’est le plus amusé.

Alors maintenant il n’y a plus qu’une seule chose à dire: Shuffle up and deal !

2 réponses

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  1. lilsaint8701 soumis, le avril 2, 2009 at +00:00avr

    Analogie très bien menée comme tous les précédents articles. Néanmoins, “Bolos” s’écrit “Boloss”.

  2. Brian soumis, le mai 31, 2009 at +00:00mai

    Bel article, effectivement comme tout le reste, délicieux à lire (bien que pour celui là, j’ai toujours saisi toutes tes allusions, j’aurai aimé un VRAI cours de Poker!!)

    Après comme je suis un mec relou et que j’aime encore plus faire chier les gens où je sens un…suprême potentiiiel…J’ajouterai que les participes passés s’accordent! Enfin quand t’auras le temps ;)

    Dans la vie, tu pars parfois avec une paire d’As, parfois avec un 2 et un 7… Je ne pense pas qu’il faille dans ce cas bluffer. Parfois, sortiront As, 3, 4, 5…Le possesseur du brelan se croira pleins aux As alors que…non! C’est lui qui subira le Bad Beat! Le Bad Beat n’arrive qu’à ceux qui ont des grosses cartes!! Et dans la vie c’est ça qui est awesome : ne pas avoir ces cartes, être remonté car on aimerait les avoir, n’avoir rien à perdre et s’amuser, apprendre des autres et apprendre de soi! Une belle partie de Poker en effet!

    A bientôt jeune homme,
    Et continue à nous faire profiter de ta prose ;-)


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